VILLA GALLO-ROMAINE

Villa Urbana ... vers 350


Villa Urbana

Par ce terme les romains désignaient dans l'exploitation agricole, l'habitation du maître, elle était généralement construite dans un endroit agréable. C'est une demeure de luxe et de plaisance, surtout au IIIème siècle, transformée en véritable palais gréco-romain à deux péristyles représentant plus d'un hectare et demi bâti.

Elle ne correspond pas à un style précis mais reproduit ordinairement avec plus de liberté, les divisions essentielles de la "DOMUS", maison romaine en ville.

Souvent le maître aménage des jardins intérieurs, des parcs, des gymnases, faisant face à des piscines, dans une aile thermale située sur la face sud-ouest, de façon à recevoir le soleil levant, tournant, et couchant.

Comble de raffinement, on conservait des huîtres et des coquillages provenant de la côte atlantique ou méditerranéenne (22 espèces différentes découvertes lors des fouilles) dans six viviers, grâce à une eau de mer reconstituée.

Aperçu historique

Les recherches permettent de définir ainsi l'évolution de la villa pendant l'antiquité :

Sous le règne de Claude ou celui de Néron, vers le milieu du premier siècle, un riche romain, disposant de moyens financiers considérables, entre certainement en possession du domaine d'un millier d'hectares, formé par le bassin alluviale dont il entreprend la mise en exploitation rationnelle.

Pour ce faire, il implante au centre de ses terres entourées de bois, une très grande villa occupant toute la superficie du plus vaste terrain plat disponible.

Cet établissement groupé autour d'une construction centrale de 178 X 130 mètres minimum de deux à trois dizaine de bâtiments rustiques, disposés en rangées parallèles à la rivière et au trois médianes d'accès.

Un mur de clôture délimitait sur trois côtés cette superficie ainsi occupée de vingt hectares s'appuyant contre la rivière.

Après plus de 150 ans de prospérité, une période d'abandon se discerne, sans doute à la suite d'une crue dévastatrice de la petite rivière qui dut anéantir, avec un certain nombre de bâtiments les forces vives de l'exploitation tel que cheptel et réserve vivrières.

Peut-être à l'occasion d'un changement de propriétaire, les modifications paraissent intervenir vers le milieu du troisième siècle. A la place de la première construction, dont les possibilités devaient s'avérer dépassées par les extensions des cultures, apparaissent de petites fermes dispersées sur les terres qu'elles contrôlent. Ces sortes de "tenures" remplacent semble-t-il la "villa rustica". Le grand édifice central ne joue plus que le rôle de maison de maître. Une campagne d'embellissement datable des alentours de 330, la transformera en luxueuse demeure ornée de peinture, de mosaïques et d'un très bel ensemble décoratif de marbres de Saint-Béat. Une seconde campagne de travaux réorganise vers 350 le grand bâtiment en lui apportant en même temps que la construction de grands portiques, d'un temple et de différentes parties surélevées, une très belle unité architecturale comparable à celle des plus remarquables maisons de l'antiquité classique.

Après un incendie, quelques temps plus tard, supression des fontaines et piscines, après disparition du système de distribution d'eau, enlèvements de dalage de cours transformées en jardins, reconstitution du temple, remploi de marbres. Vers 375-380 un incendie généralisé détruira l'édifice.

Réf. bibliographique d'après la thèse de Georges Fouet.